Mondial 2026 : les Grenadiers, trois défaites mais un retour historique
Absente de la Coupe du monde depuis 1974, Haïti a joué le tournoi 2026 dans l’un des groupes les plus relevés. Trois défaites, mais une équipe qui n’a jamais fait figure de victime.
Un retour après 52 ans
Les Grenadiers n’avaient pas participé à une Coupe du monde depuis 1974, où ils avaient perdu leurs trois rencontres. En 2026, à l’occasion de la première édition à 48 équipes, ils sont revenus 52 ans plus tard, classés 80es au classement FIFA, soit 40 places derrière l’Écosse, leur premier adversaire. Dirigée par le sélectionneur Sébastien Migné, l’équipe a été versée dans le groupe C avec le Brésil, le Maroc et l’Écosse.
Un premier match accroché face à l’Écosse
Le 13 juin à Foxborough, près de Boston, Haïti s’est inclinée 1-0. L’Écosse a ouvert le score à la 28e minute par John McGinn, qui a repris une frappe repoussée de Che Adams. Les Haïtiens n’ont pourtant pas subi : la presse a souligné leurs situations dangereuses sur des transitions rapides, surtout en fin de match, devant le gardien Angus Gunn.
Le Brésil, une leçon et une réaction
Le 19 juin à Philadelphie, Haïti s’est inclinée 3-0 face au Brésil, avec une défense à cinq. Deux erreurs défensives ont coûté cher en début de rencontre, et les Haïtiens étaient menés 3-0 à la pause, mais ils ont affiché un autre visage en seconde période. Cette défaite a fait d’Haïti la première équipe éliminée du tournoi.
Un dernier match plein de courage face au Maroc
Le 24 juin à Atlanta, pour un dernier match de prestige, Haïti a perdu 4-2 face au Maroc. Les Marocains ont égalisé à la 38e minute (1-1), puis ont creusé l’écart jusqu’à un quatrième but à la 88e minute, signé Gessime Yassine sur une passe de Soufiane Rahimi. Les Grenadiers ont toutefois marqué deux fois, ce qui porte leur bilan final à deux buts marqués et huit encaissés.
Au classement du groupe C, le Brésil et le Maroc ont terminé tous deux avec 7 points et se sont qualifiés pour les seizièmes de finale, le Brésil prenant la première place à la différence de buts. L’Écosse a fini troisième avec 3 points, et Haïti dernière sans point.
Le regard de la diaspora
L’événement a suscité la ferveur de la diaspora, notamment aux États-Unis, où France 24 y a vu une parenthèse d’espoir. En Guadeloupe, des supporters rassemblés pour le premier match se sont dits fiers de leur équipe malgré la défaite. Cette mobilisation rejoint ce que nous décrivons dans Haïti et le monde : force anti-gangs prolongée, fin du TPS et expulsions massives sur les liens entre le pays et ses ressortissants.
Le contraste avec la réalité du pays
Le soir du premier match, la violence a rappelé la situation du pays. Selon le BINUH, un rassemblement de plus de 300 personnes, comprenant un groupe de rara et des membres d’un gang, a été visé par des tirs à Belekou, à Cité Soleil, peu après la rencontre, faisant au moins 61 morts. Ce contraste montre ce que représente un Mondial pour un pays confronté à une crise multiforme, que nous analysons dans Société haïtienne : 1,47 million de déplacés et une crise humanitaire persistante.
Et maintenant ?
Le Mondial laisse une expérience précieuse, mais aussi des questions. Comment capitaliser sur cette visibilité, former la relève et soutenir un football local qui évolue dans un contexte difficile ? Nous suivrons les prochaines échéances de la sélection. L’élan de cette campagne s’inscrit dans celui de la création artistique, que nous retraçons dans La culture haïtienne, force de création et de résilience en 2026.