
Haïti : Nayib Bukele répond aux critiques sur l’envoi de militaires salvadoriens et promet la victoire contre les gangs
Le président salvadorien Nayib Bukele a vivement réagi, ce vendredi 23 octobre, aux critiques formulées au sujet de l’engagement annoncé de militaires salvadoriens en Haïti. Dans une réponse à un message de Humberto Salazar, qui s’interrogeait sur le risque de voir Haïti devenir le « Waterloo de Bukele », le chef de l’État a affiché sa détermination et exprimé sa confiance dans l’issue de cette mission.
Dans son message, Humberto Salazar estime que les gangs haïtiens représentent un adversaire particulièrement dangereux pour les forces étrangères. Il évoque notamment les difficultés d’une opération militaire en territoire inconnu, les précédents internationaux en Haïti et les échecs qu’il attribue aux interventions passées. Il rappelle également l’expédition française de 1802, destinée à reprendre le contrôle de la colonie, pour illustrer les risques auxquels pourraient être confrontées les troupes salvadoriennes.
L’auteur du message souligne que, contrairement aux opérations menées contre les maras au Salvador, les militaires salvadoriens devraient affronter en Haïti des groupes armés dans un environnement dont ils ne maîtrisent ni le terrain ni les réalités locales. Il évoque aussi les menaces attribuées à des chefs de gangs, notamment Wilson Joseph, connu sous le nom de « Lanmò San Jou », et les risques d’affrontements autour de Croix-des-Bouquets.
« Nous n’avons jamais écouté ces discours »
En réponse, Nayib Bukele rejette les mises en garde qu’il juge excessivement pessimistes. Il dénonce les analyses présentant les gangs haïtiens comme invincibles et prédisant un échec de l’opération.
« Beaucoup de messages, d’analyses et de commentaires comme celui-ci assurent que les gangs d’Haïti ne sont pas comme ceux du Salvador », écrit-il, avant d’énumérer les arguments avancés par les sceptiques : la violence des groupes armés, leur puissance de feu et les échecs des missions précédentes.
Le président salvadorien affirme que les détracteurs pourraient changer de discours si l’opération aboutissait à une victoire. « Lorsque Dieu nous accordera la victoire, les mêmes personnes qui disent aujourd’hui tout cela changeront leur discours », soutient-il. Selon lui, ces critiques prétendront alors que l’opération était facile et que les gangs haïtiens n’étaient pas aussi dangereux qu’on le pensait.
« En définitive, nous ne les avons jamais écoutés et nous n’allons pas commencer maintenant », conclut-il sur ce point.
Une réponse placée sous le signe de la foi
Le chef de l’État invoque également la foi religieuse pour justifier sa confiance dans l’issue de la mission. Il affirme que les personnes engagées dans l’opération sont croyantes et qu’elles ont confié leur mission à Dieu. Il qualifie par ailleurs les gangs haïtiens de « sataniques » et affirme que des sacrifices humains leur sont associés, une accusation grave qui doit être considérée comme une affirmation de l’auteur, et non comme un fait établi par cet échange.
Pour appuyer son message, Bukele cite un passage biblique tiré du Deutéronome 28:7 : « L’Éternel fera que tes ennemis qui s’élèveront contre toi soient battus devant toi ; ils sortiront contre toi par un seul chemin, et ils s’enfuiront devant toi par sept chemins. »
Il conclut avec une déclaration sans ambiguïté : « Dieu nous accordera la victoire. Le Créateur de l’Univers est avec nous. »
Une opération sous le regard de l’opinion publique
Cet échange met en évidence deux lectures opposées de l’engagement salvadorien en Haïti. D’un côté, Humberto Salazar insiste sur les risques militaires, les particularités du contexte haïtien et les précédents historiques. De l’autre, Nayib Bukele rejette les scénarios d’échec et affiche une confiance résolue dans la réussite de la mission.
La portée réelle de cette opération dépendra toutefois de son mandat exact, des moyens effectivement déployés, de la coordination avec les autorités haïtiennes et les autres acteurs internationaux, ainsi que de l’évolution de la situation sur le terrain.